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Comment regarder
un mur
Quel
que soit les différences, il y a sûrement autant de points de vue qu’il y a d’étoiles.
***Voici le nôtre, chers chevaliers des cailloux des
quatre vents*** Par ailleurs, comme la pierre sèche est une grande
famille, depuis le canton de Vaud, en Suisse charmante, nous
vous
proposons de
considérer le mur de manière tripartite. Tout comme la nature
humaine, le mur en pierre est revêtu
d'une
partie volontaire,
d'une
partie
sentimentale, d'une
partie pensée
qui sont toutes
trois le principe d'une seule et même chose. Mais, juste avant d’aborder cette considération et son processus,
la première évidence qui s’impose est de trouver les cailloux
magiciens.
Le
bâtisseur regarde dans sa région, recherche une qualité avec les
carrières ; les gravières, les agriculteurs, les communes, les
habitants, l'homme de la campagne, la nature, rivières, forêts,
le bouche à oreille, cercle d'amis, sans omettre de développer
un sens des perceptions aiguisées et une posture déterminée.
A cet égard, n'oublions pas nos
chers amis "géobiologues": (Géobiologie: Géo, la
Terre, Bio, la Vie, Logie; la Connaissance. Ils peuvent
nous donner aussi de précieuses indications et des
conseils
fondamentaux pour une création, un
projet, un respect des lieux, une dynamique, un soin
particulier, un apport, etc...
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Que ce soit du grès, du calcaire, du schiste, du calschiste, du granit,
de la caillasse des champs, les possibilités géologiques sont présentes
et changent sensiblement d’une région à une autre.
D’emblée,
le constructeur est en relation à un charme naturel et un cachet
particulier du paysage, du voisinage, d'un passé lointain, d’une culture,
d’une architecture, d'une histoire d'un lieu, d’une ou plusieurs techniques de travail: le
partenariat. Le partenariat, c'est
la manne indispensable pour faire du bon travail et en même
temps, c'est ce qui nous est le plus difficile à réaliser dans
notre quotidien: l'accueil, l'acceptation, la transformation. "
P'ti je" doit s'effacer et laisser l'espace à une
autre intelligence que celle de l'intellect qui a coutume de
transformer la vie sociale en hiver russe. L'intention et le ressenti
jouent là un rôle
fondamental sur tout ce qui pourra donner par la suite du sens,
de la forme et créer du lien, lors de la mise en route d'un
chantier. La préparation est la pierre de Fondation, le premier
geste oublié. Un geste qui
contient tout le reste de l'ouvrage. Toute fondation est
demeure...
L'action de
donner forme à la matière, de la spiritualiser en quelque sorte,
agit sur l'environnement, les personnes. L'atmosphère du lieu
s'anime différemment. N'oublions pas de nous poser cette
question avec rigueur et humilité après chaque chantier.
Que laissons-nous après notre passage?
C'est l'intention devenue vivante,
visuelle et
sonore, qui compte avant tout, puisque nous avons la capacité de
voir, de comprendre et d'entendre le résultat de nos actions et
le fruit de nos intentions. Nos actes matérialisés sont une
réalité qui a un rayonnement dont l'effet reflète l'intention
première. Et c'est le résultat de nos actions qui doit être
considérées. Nous portons une grande
responsabilité, le prix de notre liberté en quelque sorte. Que ce soit dans les petits ouvrages ou
dans les
grands travaux, qu'importe! Gagner de l'argent est une chose,
avoir conscience de ce que nous faisons en est une autre. Bien
que les deux ne soient pas incompatibles, il s'agit de
nuances, de discernement, d'état de conscience sur différents plans.
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Les types de murs qui
structurent l’espace varient selon les cultures. Ils se distinguent par leur fonction
et les traditions des peuples ; par exemple du mur de
soutènement purement esthétique et pratique ou pour des cultures en terrasses, au mur
de pâturage tridimensionnel(structuration de l'espace, enclos,
culture paysagère) et unidimensionnel comme aux Îles d'Aran, ou encore, la technique de l'encorbellement avec les bories,
les cabanes de bergers en Provence, les Carabelles
dans le Languedoc, etc...
Le premier travail du bâtisseur est de
vivre pleinement l’âme qui règne dans les lieux dans lesquels il
va être créateur d'inédit ou restaurateur d’un patrimoine passé.
Cette posture de l'accueil et de l'écoute appelle à une grande sensibilité et à
un grand respect auprès de "ce qui est". Somme toute,
c'est le substrat de la posture, donc 80% du travail fait, si cette étape est
vécue en pleine conscience. Et c'est en cela qu'il ne sert à rien de prendre des
raccourcis en prônant le changement, cela créerait des
failles. Il est ahurissant de vouloir le changement par la
pensée abstraite sans se mettre en relation avec la stabilité, celle de
l'équilibre que nous rencontrons dans une situation, un lieu,
l'histoire du lieu, l'esprit du lieu, ou
un évènement. Et nous savons, par surcroît, que l'énergie des failles pompe nos
forces de vie, et attirent ce que nous n'aimons pas, à un moment
ou à un autre, qu'elles soient géologiques
ou comportementales.
Une
lecture attentive de l’environnement et de ce qui l’a
coconstruit est indispensable pour comprendre notre travail et pour
faire des liens harmonieux avec le règne
minéral, celui du végétal, animal et humain. Le tempérament de la pierre
est une subtile évidence, mélancolique pour les schistes,
(métamorphique, ardoise et lause de schiste)
volontaire pour les granits,(magmatique), sanguin pour les grès de couleur,
flegmatique pour les calcaires traditionnels (sédimentaire).
Nous retrouvons trois principes:
magmatique,(basalte,
tuf volcanique), métamorphique, (
gneiss, ardoise, marbre ) et sédimentaire(pierre
qui se forme au voisinage de la surface de la terre et qui
contiennent des informations importantes sur la surface de la
terre) ...(
grès, schistes, roches calcaires, conglomérats).
Bien sûr, ce ne
sont que des indications, toutefois, il est intéressant
d’observer le comportement de personnes vivant dans le Jura,
dans les Alpes ou dans le Massif Central, ou en Provence, pour saisir
l’influence silencieuse de la pierre sur l’homme. A ce sujet, il
est toujours très instructif, de prendre part à l'histoire de la
région, des types de construction, d'économie, des intérêts et
ressources qu'avaient les gens du pays. La plupart du temps, deux
types de terrain se distinguent : les terrains basiques,
calcaires et les terrains acides, granitiques, et chacun génère
des variantes de couches de roches. Les alpinistes connaissent
bien ces changements. Les plantes qui poussent sur ces types de
terrain sont spécifiques, ainsi que la qualité de l’eau
agissante dans les rivières avec comme conséquence immédiate un flux
énergétique différent. Il suffit d’observer d’une contrée à une
autre, pour voir comment la flore est liée à l’humus sur lequel
elle pousse et agit à son tour sur l’environnement. Tout prend
alors signification d'interdépendance, jusqu’au ressenti profond
de ce qui coproduit notre comportement. Observons ce qui est en
surface, ce qui respire en dessous du sol grâce à ce qui est
tout en haut.... faisons des liens... Les
amoureux de la Terre et des processus du monde végétal nous donneront mille
informations sur la magie alchimique de la vie.
Cette
première étape de sensibilisation déterminera la suite de l’ouvrage en cours. Il est
possible d’ être un très bon bâtisseur et de louper son travail,
pour être passer à coté de cette vie immense du "réseau de
l'instant". Le "je" joue des tours lorsqu'il s'agit de
s'intéresser plus à l'argent, au temps qui presse, à ce qui coproduit son reflet, qu'au rayonnement de
l'intention première. Les anciens en Cévennes le disait si
bien en ces termes: "AH! cela oui, ils sont devenus
intelligents, si extraordinairement intelligents et visionnaires
de tuiles qu'ils ne peuvent plus éviter, qu'ils en ont oubliés
l'essentiel": Exister.
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Il est
incontestable que la qualité des pierres découvertes, stockées
et ensuite triées avec logique, soin, déterminera le principe de
comment apporte-t-on sa pierre à l’édifice. Quoique, il faut
être prêt à travailler dans des endroits, où il n'y a rien comme
moyen matériel, juste des pierres cabossées, guère de cale,
aucun choix, peu de ressource minérale,
et c'est là que tout notre ressenti se développe, loin des
sentiers battus par la tête d'eau, (notre Descartes cervelesque).Je me souviens de
contrées en Ecosse, sur la côte Ouest, ou il n'y
avait rien d'autre que la nature dans toute sa sauvagerie. Et là, aucun portable ni joujou de la technoscience,
ne peut aider en ces lieux, au cas où nous tomberions en
panne de voiture ou d'une envie subite d'aspirine. Dès lors,
nous sommes appelés à développer autre
chose qu'une banale sécurité intellectuelle. "Notre Descartes" ne nous
sert
strictement plus à rien. Enfin.
La Fondation a un principe de base simple comme bonjour pour les murs de soutènement
: plus le mur est haut, plus la base sera profonde et large,
tandis que la partie de derrière, celle qui est invisible aura
toute son importance. Il y a donc trois axes à tenir compte,
simultanément, l'avant, l'arrière, le haut, le bas, la droite
et la gauche. Il s'agit aussi de notre propre équilibre,
n'est-ce pas.
Lorsqu'un de ces plans laissent à désirer sur le chantier, nous
savons aussitôt où nous devons travailler sur nous-mêmes.
Il ne faut jamais jeter les pierres en
vrac en guise que cette part du mur n’est pas apparente. Cette
partie non visible à l’œil nu (l'arrière) a une fonction primordiale: celle
de permettre un excellent drainage et de résister aux poussées
du terrain. Ce que l'on ne verra pas par la suite sera toujours
présent
et sa portée aura une action sur la stabilité du mur. Il est le
liant minéral qui unit la Terre à la pierre brute.
Donc,
c’est l’occasion rêvée de se débarrasser des pierres trop
accidentées pour l’appareillage. Plus on a de l’espace libre
pour soigner cette partie, mieux sait. Soyons à l'aise. On peut
croiser sur un plan horizontal, avec une inclinaison contre la
colline, pour lui faire front et affront. Les déchets de pierres
et de toutes les petites pierres, feront le bonheur du mur, en
s’offrant comme cales à tous les vents et de drainage naturel à
tous les temps. Pour les murs unidimensionnel ( île d'Aran en
Irlande) et
tridimensionnel, (jura suisse par exemple), tout se voit et tout se sait.
Le triage et
le centrage sur soi est de rigueur, tant ce type de murs est
incommode, exigeant en choix et en qualité de pierres. Il n’y a
jamais de poussée de terrain. Le mur s’élève et se structure
dans l’espace. Suprême paradoxe, il sépare pour unir quelque
chose. Il avance deux faces apparentes dont le fruit sera en
relation avec la hauteur du mur, jusqu’à son couronnement. Déjà,
une fondation creusée sur 20 centimètres de profond et de 80
centimètres de large permet d’être à l’aise pour la plupart des
réalisations. La règle d’or : être confortable, et surtout, ne
pas être stressé par des urgences fabriquées par des individus
qui transforment "ce qui est" en "ce qui n'est pas".
Le
partenariat, la poésie de la rencontre, l'intention de
l'objectif, le soin de l'esprit du lieu, sont la première
condition pour évaluer et valider un contrat. Cela ouvre des
pages merveilleuses de lucidité. L'admission d'un chantier doit
être très soigné, cela évite ainsi de trouver d'étranges résidus
dans l'exécution de notre travail. L'intellectualisme
est aussi présent dans ce milieu de la pierre, comme celui des métiers, du social, et
partout ailleurs où est condensé le devenir, par des normes et
des lois et des lois et des normes qui sont entrés dans un
univers d'opérations mentales. Pour finir, où sont les hommes? On y reconnait l'ignorance, le pouvoir,
le contrôle, le jugement, la
comparaison, le sectarisme, la peur de l'inédit et la peur de l'évolution. Cette tare contagieuse touche tous les milieux
et fige habilement la vie, mais, elle s'efface dès qu'un acte
libre, un acte artistique, émerge des profondeurs, dès que
"p'tit je" n'est plus au centre de ce qui le coproduit. Ah
"p'tit je"! Il en aura fait voir à l'esprit du Temps! En
définitive, il n'y a pas de bons ou de mauvais
bâtisseurs, de bons ou de mauvais éducateurs.
Ce qui importe, c'est le chemin que nous faisons vers le projet,
une fois visualisé et intériorisé,
seul, et tous ensemble, simultanément. Et ce projet est porté par
une intention, un esprit d'équipe, qui suggère de grandir aussi
grand que Gulliver.
Ces petits
pas font de nous des passionnés avant tout. Le reste attendra
six pieds sous terre, n'est-ce pas! Il est important de
discerner la connaissance de la
posture intérieure, donc du ressenti. Ce n'est vraiment pas la même chose
lorsqu'il n'y a pas collaboration entre ces deux pôles.
D'ailleurs, une connaissance, un savoir, s'il n'est pas en
relation avec le réseau de l'instant, renforce les
comportements schématiques de la vie sociale, donc du "moi".
Ainsi, l'outil agit à la place de l'artisan et à de tels nœuds
sera l'ouvrage.
La réalité de la pierre sèche ne s'apprend pas dans les livres
aux belles reliures,
comme aucune connaissance, d'ailleurs. La construction à sec est
un art de la Terre, une construction qui se transmet par chemin
intuitif, oral, fraternel, et par un partage pratique de l'instant
d'où advient ensuite une connaissance. Et comme toute
connaissance, son substrat est fait pour être partager le plus
simplement du monde. Un chantier est difficile, et selon les
moyens à disposition, voire très pénible physiquement. Si l’on n’est
pas sur le terrain, les beaux et parfaits coups de crayons
dessinées dans des ateliers, sur des ordi ; les belles lignes
tracées dans les livres, les pierres imaginées, idéales, avec
les lézards bleus, les plantes qui s’honorent de détails
pittoresques; le
soleil qui chauffe les pages, tout cela est bien arc-en-ciel,
j'en conviens, mais sur
les chantiers, il y aussi d'autres défis. Les
difficultés sont multiples, ne l'oublions pas.
Haut de page
LA PARTIE VOLONTAIRE D’UN MUR
A SEC.
Ah,
les secrets de la volonté ! Si je m’en crois, les pierres qui
servent à la fondation sont en si bonne santé qu’il faut veiller
à ses gestes pour ménager notre dos si précieux. Et peuchère, ce
n’est pas une partie de pétanque sous les platanes ! Ce qui
enracine le mur à la Terre, ce sont les pierres qui vont tirer
le mur vers le bas par leur masse, leur intelligence et leur poids. (L'ANCRAGE). Cette étape
prend du temps et
sollicite souvent des efforts
physiques considérables qui garantiront au mur sa fonction, sa
présence et son passage dans le temps qui passe. La fondation,
c'est ce que l'on perçoit le moins. Nul doute,
l’équipe des bâtisseurs aura rejointe le Temps des Secrets
que le mur demeura encore un témoin vivant du Flambeau passé...
Cette partie de la volonté du
mur que je baptiserais le Soulier, doit être exécuté avec
rigueur. Cette étape de la construction accompagne toute la vie du mur et
recueille ses
vibrations. Les dessus de ces pierres mi – enfouies dans le sol
devraient être le plus plats possible, (le haut) pour que les pierres
suivantes soient bien reçues, trouvant ainsi, un appui le plus
stable possible. Les pierres posées dans le sens des strates de
sédimentations. De manière générale, posons les pierres
dans le sens dont la Terre les a vues naître, sauf exception,
pour des raisons particulières.
Là
encore, il faut examiner la région où l’on travaille, les
techniques qui sont en relation avec les possibilités des
pierres, leur consistance et leur densité, leur teneur et leur
portée. Une autre règle
importante est de ne jamais en faire une.
Comme toujours, il
faut passer par l’expérience et une relation ajustée avec l'instant,
pour saisir les phénomènes, sans jamais oublier que ce qui est
valable dans une contrée ne l’est pas forcément dans une autre.
Soit ! Pour conclure, je dirais que les pierres au service de la
fondation sont imagées ainsi: Les pierres d’horizon. Rien ne peut les perturber,
c’est le domaine d’action silencieuse du mur, la base d’un champ de
réflexion et de perspectives en devenir. Elles ouvrent des
portes.
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LA PARTIE SENTIMENTALE D’UN MUR A SEC
Et fan des chichons ! Si ce n’est pas la signature des
bâtisseurs, autant que je me fassiasse évêque tout de suite,
heu… non, curé, cela ira tout aussi bien. Je parlerais ici de
pierres qui chantent, les pierres que le soleil caresse. C’est à dire que le milieu du mur, disons
deux, trois rangs après les pierres d’horizon, prend forme et
crée ainsi un visage expressif. Le mur prend une vie d’âme d’une
manière immédiate, avec sensation et impression sur le
promeneur, la flore et la faune. Bien évidemment, il est plus
aisé et facile d’animé un mur de soutènement qu’un mur
unidimensionnel ou tridimensionnel ; comme à l’île d’Aran en
Irlande ou à l’Ouest de l’Ecosse ou encore en Cornouailles ! Je
fais donc ici référence au mur de soutènement, et qu’importe ce
qui est soutenu.
Cela peut-être un mur qui cache la laideur du
béton, pour transformer les sous-énergies que dégage ce matériau
du bitume. De grâce! L’essentiel est de jamais utiliser de ciment.
La
pierre en tomberait gravement malade. La chaux permet à la
pierre de respirer, l’air, l’eau et la lumière circulent, avec
un mortier maigre. Le ciment est comme l'intellect, il fait
croire qu'il dit une vérité, mais en fait, il la fige.
La
partie sentimentale du mur peut évoquer une vive impression de
surprise, d’intérêt culturel et artistique, d’émotion et de
goûts pour la recherche. C’est aussi un espace libre pour
l’imagination et l’audace, l’innovation, oser les appareillages
nouveaux pour servir la flore et la faune friandes de ces
espaces de vie. On peut donner comme métaphores à ces espaces
libres: "un vide englouti dans lequel tout existe"... comme c'est
vide, des formes de vie viendront naturellement déposer leurs
projets... Il nous suffit d'observer attentivement sans
intervenir.
Oui, cela peut aller d’une simple niche à une
arche de son choix, à une demi-lune, un point d’eau, et etc. Les
limites de l’imagination ne sont écrites dans aucun des manuels
de construction. Ce qui reste merveilleux pour l’équipe des
bâtisseurs, c’est de rendre justement le mur vivant et généreux
de vie. "En chaque homme un artiste" ...
Réitérer le
passé de la vérité, le connu, le déjà vu, est lassant, ennuyeux.
Le passé en tant qu'outil, n'est qu'une étape, une halte, il est
bon de ne pas s'y attarder.
L’art de la pierre sèche peut
évoluer grâce aux artisans poètes qui osent, tentent, risquent
de
s'aventurer sur d'autres fréquences et sur d'autres liens avec la
vie, que ceux du passé et du déjà vu.
Bien entendu, en respectant le bon sens du croisement, la raison
d'être des choses et en évitant
ainsi les coups de sabots( coup de sabre) qui désaccordent les pierres entre
elles.
C’est
continûment un plus, de concilier l’aspect pratique avec le sens
du beau et du surprenant. Et à notre époque, où l’on ne sait ni
cueillir les fleurs des champs pour les offrir à sa bien aimée,
ni parler aux arbres, le sens du sacré apparait sur notre vie
quotidienne comme un bien précieux à redécouvrir.
La beauté et la simplicité resteront aux
poètes ce que le portable est aux hommes, une perte profonde de
la notion de l'instant présent.
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LA PARTIE PENSEE DU MUR A SEC
Le jour de fête est arrivé, tout comme un roi, le mur va porter
une couronne, c’est le temps du sacre. Généralement, on retrouve
le travail du triage incessant effectué selon le déroulement du
chantier.
Ces
pierres qui pensent ont un air de grande famille. Quand à leur
poids et leur grandeur, elles sont souvent pesantes, élancées et
régulières, si possible, ne rêvons pas ! Le bâtisseur s’adapte à
toutes les circonstances. Il doit être prêt à affronter les
conditions les plus hostiles et inconfortables.
Ah! Les pierres sur
mesure, celles qui sont dessinées dans les manuels à la page
douze, ne sont pas toujours à l’ordre du jour. Le système D, est
parfois l’unique et la bonne solution, si vous saviez ! Ce qui
fera la beauté d'un mur, ne n'oublions pas, ce sera avant tout
nos intentions, notre amour qui s'inscrira dans l'information de
la pierre qui se chargera de la faire rayonner. Somme toute, le
reste n'est que processus.... Il est incohérent de vouloir faire
un mur droit pareil à un mur en brique, ou en béton...
On peut trouver selon les régions, des couronnements horizontaux ou
verticaux, légèrement inclinés, sur les tranches. Cependant, que
serait un roi sans couronne ? Il serait peu élégant et nous
révèlerait ainsi sa nudité, convenons-en.
Une
fois que le mur est couronné, l’achèvement de l’œuvre se
précise dans ses détails. Il ne faut pas oublier l’étape du rappel qui consiste à
passer la totalité du mur en revue de A à Z. La vérification.
Le devant de la scène. Bien que le calage arrière soit
fait, puisque l'on cale, simultanément à chaque pierre et à
chaque rang. Le calage du devant joue à la fin du chantier toute
sa confirmation sur l’ensemble de l'ouvrage. Il permet de
boucher les trous branlants, inutiles et de stabiliser ainsi les
pierres qui chantent et les pierres qui pensent. Les petites
pierres et les bouts cassées trouvent leur bonne raison d’exister.
Tout sera recyclé et utile.
Déjà, des vrais lézards, de réels papillons,
et encore des
abeilles et puis des coccinelles sont venus nous dirent bonjour en
visitant les interstices et le rayonnement des pierres. Et bien
sûr, tout
ce que l'on a pas vu... Bientôt,
ce sera au tour des graines des quatre vents, puis celui de la
faune locale... La fête de la vie peut œuvrer à ses miracles, un
mur en pierre sèche vient d’être achevé de mains d'homme.
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