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Aspects thérapeutiques de la
pierre sèche
Page en cours de construction... elle sera finie tout
à la fin de l'année 2011
La citoyenneté, mots clé:
L'ancrage, notre venue, le témoignage, la Reconnaissance, l'Interdépendance,
Respect, l' Evolution, l'Enracinement,
Être..
En effet, que veut dire être
reconnu comme un membre de la cité, d'une commune, d'un état,
d'une institution, de ses semblables? A quel projet commun,
l'homme prend sa part active, part qui nourrit autant son corps
que son esprit... Au sens juridique, la citoyenneté est un
principe de légitimité, un citoyen est un sujet de droit. Une
qualité fondé sur une justice, une équité, et cette légitimité
est fondée sur des bases juridiques, ou sur des bases éthiques
ou morales.
Quelle importance attribuons-nous au
travail et quelle place offrons-nous aux "être différents", (à
l'homme de manière générale), car nous sommes tous différents de
par notre Unicité mais il s'agit avant tout de la famille humaine
qui nous transporte sans cesse dans un mouvement de vie, celui
de la remise en question et celui du changement d'attitude.
La citoyenneté est un
réel apprentissage de vie
qui commence par trouver sa place dans l'ordre social, le sens
de sa vie en relation avec le sens de la vie de ses semblables, et le travail est une réponse immédiate à notre
identité, à la construction de notre citoyenneté.
Comment considérons-nous le
travail de nos jours, de nos mois, de nos années, celui que nous
faisons quotidiennement, celui de l'instant... le travail des
autres aussi: le partenariat. Quand un homme est destiné à passé sa vie dans une
institution, une communauté, un appartement, le sens du travail est une question
à prendre très au sérieux car le travail est aussi l'histoire
intégrale de notre Salut, donc un salut qui dépend aussi
du salut des autres hommes, ce qui permet de voir la véritable
nature de la réalité du travail et de répondre aux questions que
nous pose notre société actuelle, société que nous construisons
tous ensemble.
Notre activité de pierre sèche
ici, en Suisse Romande répond à ce premier Enracinement.
D'autant plus de nos jours où il y a une nouvelle prise de
conscience de restaurer le patrimoine dans ses détails, et
d'intégrer par là même, de manière adaptée "l'être différent"
dans notre contexte social au sens le plus large qu'il soit.
Suite au crépuscule technologique, afin de répondre à l'excès
d'individualisme, de l'intellect, des pathologies et du chiffre,
progressivement, au besoin d'évolution, nous avons besoin de retrouver des valeurs
indépendantes de ses vieilles habitudes qui tirent vers le passé. L'homme de tous les
coins, de tous les milieux, quel que soit son statut social,
appelle des nouvelles Intentions, des nouvelles réalisations
sociales, culturelles, artistiques, à travers des projets
environnementaux, écologiques, thérapeutiques, sociaux,
médicaux, associatifs,
universitaires, écologiques, politiques. Et nul doute, cet appel
déjà rassembleur est en train de modeler manifestement un
Renouveau Social, un Renouveau de l' Habitat, un
renforcement de l'Ecoconstruction Sociale, déjà bien présent dans la
conscience des nouvelles générations. La société c'est donc un
reflet de ce que nous croyons être, dans nos moindres détails...
Une chose me semble importante,
c'est de percevoir l'homme comme les étoiles ou un diamant.
Chacun de nous est doté de multiples facettes et c'est bien là,
nos difficultés de n'en voir qu'une seule ou quelques unes, et
parfois de s'attarder sur les facettes négatives, ou
celles qui arrangent notre intellect, ce qui a pour conséquence
de
s'aliéner dans des préjugés qui stoppent toute évolution, à
commencer par celui ou celle qui les génère.
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Le
travail, mots clé:
l'Identité, l'Action, la Santé, l'Inter-Être,
le Lien, le Respect,
Libérer le Passé de son Passé... L'Accomplissement
De toute évidence, faire un
travail que l'on aime, dans lequel on se réalise fortifie notre
individualité. Toute satisfaction dans sa vie de travail a des
effets profonds sur notre être, donc simultanément sur notre
capital
santé qui dépend pour la majeure partie de certaines humeurs
que manifeste notre individualité. La médecine traditionnelle
chinoise, datée de plus trois mille ans avant J.C avait
parfaitement compris ce principe de relation énergétique.
" Un homme sans travail perd sa
dignité disaient nos Anciens". Quoi de plus noble que de vivre
un sentiment d'accomplissement dans son travail. Sentiment qui
ne dépend pas d'un job, dont les principaux soucis sont la
carrière, le salaire, les diplômes, les titres, le pouvoir, le
prestige, l'artifice, la performance, le stress et l'arrêt
maladie.
Lorsque nous arrivons dans un
lieu, un habitat, un environnement et que nous créons des murs
en pierre sèche, nous sommes en contact et en relation avec tout
un monde énergétique. Il va de soi qu'en harmonisant un lieu par
un acte de création, on nettoie un passé, plus
précisément, on libère un passé de son passé. L'innovation,
l'inédit, l'enthousiasme, l'initiative, le soin, les intentions,
jusqu'aux formes dont les proportions chantent et appellent la
vie nouvelle. L'harmonie, la
beauté, l'inédit, la simplicité, l'acte de créer, protègent de la fausseté et
agissent directement sur la vie de nos sens, donc sur notre
identité, sur l'équilibre de notre sang qui nourrit nos cellules
et nos organes. Le sang reçoit ce que nos sens y inscrivent. Par
exemple, les formes, les ondes de forme, les couleurs, agissent sur notre œil, nous
recevons ainsi une information immédiate du monde extérieur par
notre système nerveux. Ensuite se manifeste une sensation que
notre "porteur d'individualité " peut vivre sous forme de
représentations et d'émotions multiples de la vie psychique.
On peut évoquer une
spiritualisation de la matière, de cellules de consciences
nouvelles, donc d'action structurante et thérapeutique. Lorsque
nous avons la possibilité de tirer un sentiment
d'accomplissement du travail que nous faisons, généralement
c'est que nous sommes en relation avec une conscience de
nous-mêmes, alignés, avec une compréhension profonde de nos faits et
gestes, du but de ce que nous faisons, ainsi qu'un éveil à
l'interdépendance qui permet nos actes.
Entre autre, restaurer
aussi le travail des Anciens, de nos ancêtres, les sites d'autrefois tombés en
décrépitude et dans l'oubli qui font partie du patrimoine,
de la culture paysagère, montagnarde, agricole, viticole,
paysanne, permet
aussi de ramener un aspect identitaire à toute une région et
l'impact est considérable de bienfaits sur bien des plans
sociaux, culturels et économiques, pour ne citer que ceux-ci. Le désordre à
l'extérieur est une réponse du désordre présent en nous. On ne peut
pas biaiser cette évidence, si rusé que nous soyons avec notre
intellect. Et comme tout
désordre, nous avons à faire avec le passé, avec une continuité du
passé. Il s'agit de bien discerner ce qui est véhiculé et les
objectifs que nous voulons atteindre. On peut voir des tas de
problèmes apparaître autour d'un chantier qui n'ont aucune
relation avec le chantier en question.
Plus l'aspect identitaire est
défini et moins il y a de place pour les zones d'ombre, pour
les brèches, pour les failles, qui attirent, justement ce qui n'a
pas été libéré de son passé... On peut observer cette évidence
dans tous les domaines du contexte social dans lequel nous
sommes quotidiennement appelés à vivre et bien entendu en
nous-mêmes. C'est toujours bien concret.
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L'écologie, les mots clé:
Règne Minéral, Animal, Humain, le
rythme, la Relation, Action, l'Interdépendance
Les murs
en pierre sèche appellent la vie au-delà de ses différences et
de ses transitions.
L'intention, l'action, le dépérissement, la mort, le Renouveau: le cycle. Combien de fois nous avons
fait l'expérience sur nos chantiers de voir un vrai changement! Et bien des années après,
nous sommes encore surpris de voir comment la vie s'installe, se
fidélise et se modifie, tout en maintenant un rythme d'essence
élémentaire. Quant aux sentiments vis-à vis de certains travaux,
j'vous dis pas! Ceux-ci sont bien réels et gravés dans l'espace.
Au
début, il n'y a qu'une simple saillie dans la terre qui va
accueillir la fondation et durant le chantier; une vie active et
aimante vient progressivement se loger, découvrir, partager,
résonner avec la chaleur et la présence de la pierre: papillons,
poussière de vie,
abeilles, insectes, (peuple des ailes) rongeurs, graines des quatre vents, etc. Le
mur à sec appelle des écosystèmes d'un invisible avenant. Une
vie fine et légère pénètre l'environnement de facteurs d'air
nouveau et d'équilibre naturel. En ce sens, l'environnement est
porteur de forces thérapeutiques dès lors que l'on peut
ressentir en soi une osmose émotionnelle et énergétique, du
simple fait de s'arrêter, d'observer la vie qui vient, de
l'écouter, de la sentir nous pénétrer dans notre propre
dimension énergétique. Cet acte d'accueil nous invite au recueillement et
à la simplicité. Le facteur de l'environnement devient un
facteur de relation avec "ce qui est". La prise de conscience de
cette coproduction existentielle nous aide à nous ancrer dans
l'instant présent et à réaliser l'importance de
l'interdépendance psycho-physiologique. Lorsque nous sommes
attentif à la beauté, nos organes sont simultanément renforcés.
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Culturel, les mots clé:
Transmission, Partage, Plaisir, Reliance,
Appartenance, Patrimoine, Continuité
En
philosophie, le mot culture désigne ce qui est différent de
la
nature, c'est-à-dire ce qui est de l'ordre de l'acquis et
non de l'inné. La culture a longtemps été considérée comme un
trait caractéristique de l'humanité,
qui la distinguait des animaux.
En
sociologie, la culture est définie comme "ce qui est commun
à un groupe d'individus et comme ce qui le "soude". Ainsi, pour
une institution internationale comme l'UNESCO :
« Dans son
sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considérée
comme l'ensemble des traits distinctifs,
spirituels et
matériels,
intellectuels et
affectifs, qui caractérisent une
société ou un
groupe social. Elle englobe, outre les
arts et les
lettres, les
modes de vie, les
droits fondamentaux de l'être
humain, les
systèmes de valeurs, les
traditions et les
croyances. »
Comme système de valeur relationnel, la pierre sèche
révèle un état d'esprit pratique et fraternel. Il y a une
transmission de valeurs, non pas seulement en restaurant
un travail ancien, ou exercer un très vieux métier, ou
l'enseigner, mais aussi en se reliant à cet état d'esprit. Il
est important de faire la nuance. A un
état d'intention qui considère le sens du beau, le sens de la
forme, de la structure et le sens du partage. Cette intention
nous pénètre d'appartenance sociale et culturelle qui englobe un
patrimoine ainsi que tous ceux qui ont contribué à l'élaborer
avec soin et amour, en structurant l'espace et en rénovant des
sites magnifiques qui avaient été oubliés et abandonnés. Cette "reliance"
a un impact bénéfique sur l'identité qui trouve un repère
d'appartenance. Et en considérant les cycles de la
nature et en résonnant à ses rythmes et a ses transformations,
il devient facile de transformer son poids de la vie en art de
vivre.
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Artistique, les mots clé:
Imagination, Transmutation, la
contemplation, Partage, le
Don, appel, Vacuité
L’art,
provient d'une intention. Le résultat produit de cette
expérience ou l'idée que l'on s'en fait, consiste à arranger entre eux divers
éléments en s'adressant délibérément aux
sens, à la vie de l'âme et celle de l'esprit.
Les définitions de ce concept varient
largement selon les époques et les lieux, et aucune d'entre
elles n'est universellement acceptée. Ainsi, pour
Marcel Mauss,
« un objet d'art, par définition, est l'objet reconnu comme tel
par un groupe. » C'est pourquoi les produits et pratiques
artistiques, ou plutôt les
collections de ces objets, peuvent être classés diversement
selon les cultures, les auteurs et les institutions. Il s'agit
de discerner encore à quoi nous relie l'art.
Que
ce soit un mur de soutènement dont l'appareillage est construit
sur une base énergétique horizontale ou mosaïque, il est
possible d'amener une touche artistique au visage du mur.
L'audace, la confiance en soi, l'imagination, sont les trois
premiers facteurs logiques qui suivent après s'être relier à
l'aspect écologique du mur en pierre sèche. Comme on dit en
terme d'homme de la terre, la pierre appelle l'enthousiasme.
Partager son imagination sur l'appareillage et s'aventurer sur
des essais de montage très peu exploré auparavant est gratifiant
sur le plan artistique et esthétique. Concevoir des niches, des
formes, des soleils, et y intégrer des espèces végétales
adaptées apaisent et émerveillent le regard. Le monde extérieur
pénètre nos yeux. Directement, l'information passe par le sang
et par le système nerveux. L' aspect artistique agit donc sur le
porteur d'individualité et d'autant plus si celui-ci a développé
une sensibilité aux harmonies de la vie. La beauté d'un ouvrage
se manifeste ainsi par les impressions sensorielles dans
l'organisme et s'y répand. Ce qui équilibre une vie
émotionnelle lié aux images et aux formes qui la nourrissent. Généralement, les aspects
thérapeutiques sont simples, si simples et si présents dans notre
vie quotidienne, que nous passons à côté, à cause d'un "moi"
en situation surpréoccupée.
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Physique/physiologique, les
mots clé: Sens du toucher, Sens du
Mouvement, Sens de la vue, Outil, Impermanence
Les mains de l'homme sont un
outil d'éveil. En médecine chinoise, la peau, régit par
l'énergie des poumons, délivre des messages intimes. Nos sens
perçoivent tout d'abord les apparences pour s'éveiller ensuite à
la perception d'éléments vivants plus subtils, ce qui
permet au "porteur d'individualité" d'appréhender sa verticalité
à chaque instant de sa vie. Notre peau est en soi un organe avec
laquelle on accède à l'expérience de l'espace.
Notre sens du toucher nous permet d'entrer en relation avec la
nature physique de la vie. Et de ce contact nous allons
ressentir et la matière et l'effet de la matière en nous. Nous
nous sentons partenaires et selon les situations en retrait, en
recul. En posant les fondations, nous pouvons
ressentir ce toucher profond qui nous enracine au sol,
simultanément quand la pierre prise dans nos mains va se placer
dans la saillie terreuse. C'est un mouvement qui tire vers le
bas, tout comme l'eau va vers le bas. Une eau qui s'adapte aux
formes, les épouse, les modèle, jusque dans les profondeurs de
la Terre. Tout comme l'Eau de Source va vers la mer, un élément
d'impermanence saute au yeux.
Ensuite, avec la pose de la pierre
sèche, on peut ressentir les membres de notre organisme à
l'action, nos changements de mouvements, nos déplacements pour
se saisir de tels ou tels cailloux. Nous travaillons ainsi notre
équilibre, placé ci et là avec la dimension haut et bas, droite
gauche, avant arrière. Avec le sens de la vue, on apprendra à
discerner la qualité et la forme de la pierre. Plein feu dans
l'espace tridimensionnel, on entrera dans un rapport plus subtil
de la matière. Nous ressentirons la nature intérieure de la
pierre vivre en nous. Spontanément, on saura pourquoi c'est
cette pierre-ci que nous devons prendre pour l'assise du mur et
pas une autre. Nos mains resteront l'outil de prédilection de
l'artisan (pierre sèche), le réceptacle fondamental de la mise en
action d'une intention qui prend forme.
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Thérapeutique, les cinq
éléments, mots clé. Terre Eau Air Feu
Espace, Ecoute, Vie
La Terre est comme un aimant
quadripolaire, elle attire à elle les éléments. Le feu, la
lumière, la chaleur, l'eau, l'air, les métaux, la composent et
la pénètrent. L'aspect de l'élément Terre en pierre sèche est
donc considérable si on prend conscience de l'ensemble des
forces en partenariat ayant formé le caillou qui chante. De ce fait, il devient intéressant
et surprenant de
comprendre son propre comportement à travers les éléments et
d'en tirer des conséquences. En effet,
un individu dont le feu est excessif va vite être éprouvé par
les exigences d'un tel travail qui appelle l'équilibre. La Terre est la base de notre
vie. On peut ressentir intuitivement sa lourdeur, sa solidité,
sa compacité, sa sécurité. Elle peut aussi être froide et
stérile, sans assez de chaleur, aride et sèche, sans assez
d'eau, desséchée et inerte sans quantité d'air. En
travaillant la pierre sèche, nous apprenons à équilibrer cet
élément en nous, par la stabilité intérieure, la posture, la
confiance, l'enracinement dans l'action concrète et le ressenti.
Si nous avons trop
peu d'élément terre en nous, nous allons être lourds, paresseux,
sans avoir envi de bouger. Notre pensée sera banale et notre
potentiel de créativité absent. A l'extrême, nous irons dans la
dépression. Peu enraciné, nous deviendrons flottants, éthérés,
agités.
Un excès de Terre peut nous
amener à une insensibilité et à un manque d'inspiration. Cela
peut nous rendre taciturne ou nous amener à parler énormément,
à arriver
régulièrement en retard, ou encore à être incapable de finir une tâche.
Pareil à des feux follets, nous
risquons d'être toujours à la recherche de ce qui pourrait nous
enraciner ou nous sécuriser.
En ce sens, le travail de la
pierre sèche génère le sens de l'ancrage. Généralement, nous
passons des moments auprès de la nature durant nos chantiers et
parfois nous sommes gâtés, particulièrement comme à la forêt de
La Praz où on peut ressentir l'immensité et les mystères de la
forêt. L'expérience d'apprendre à ressentir la nature est
apaisante et nous rappelle que de vivre dans un monde vivant
ouvre plein de possibilités.
Lorsque nous créons des
appareillages nouveaux, des arches, des demi-lunes, des niches
de toutes sortes, nous amenons du feu, de l'air et de l'espace
dans le mur. L'aspect positif du feu est de créer, de
donner forme à des intentions à tous niveaux, et d'accomplir ce
que la créativité a mis en mouvement. Autant dire que nous
développons l'enthousiasme, l'énergie de faire et la joie,
lorsque nous intégrons une arche dans un mur qui ensuite sera
fleurie.
En revanche, un individu en proie à un excès de feu sera
irritable et impulsif, manquant de tolérance, ce qui ne
s'accorde guère avec la pratique de la pierre sèche. Le Feu
étant l'opposé de la Terre, un excès de cet élément aboutit à
une absence d'enracinement.
L'air est l'élément par
excellence qui apporte le changement, qui améliore les humeurs, et lorsqu'il est bien
développé, nous devenons capables de transformer le négatif en
positif, les problèmes en solutions, la jalousie en ouverture,
l'avarice en générosité, l'égoïsme en paix. A chaque situation
nouvelle, nous sommes éprouvés par cet élément. Nous sommes mis
à nu devant tel type de lieu, tel type de pierre, tel type de
difficultés, parfois de manque de moyens. Et nous avons souvent
recours à cet élément pour utiliser notre potentiel.
Quand cet élément fait défaut,
les choses deviennent insurmontables. Nous renforçons les
problèmes et interprétons les faits. Quand il est dominant, nous avons peu de stabilité ou
de satisfaction. Nous voulons toujours être ailleurs que là où
nous sommes. La confiance s'écroule facilement.
Quand l'air est équilibré,
l'inquiétude disparaît. Même devant des situations difficiles
sur des conditions de chantier, nous pouvons apprécier d'autres
aspects de cette expérience. Nous trouvons de nouvelles pistes,
de nouvelles possibilités.
Que dire de l'espace. Tout
prend vie dans l'espace et s'y transforme et s'y dissout. On
peut associer cet élément à notre conscience en tant que
contenu, oui seulement de contenu qui se vide dans la grande
corbeille.
Quand il y a de l'espace en
nous, il y a de la place dans notre vie. Nous pouvons accueillir
ce qui vient. Nous ne courons plus après des contenus intellectuels
qui étouffent la vie.
Nous pouvons par exemple accueillir tous types de chantiers,
toutes sortes de défis.
Nous sommes enracinés davantage en nous-mêmes. Il y a de la
place.
Par contre, si cet élément prédomine, nous
devenons comme des papillons, donc guère connecté aux autres
éléments, par un manque de présence et d'attention à "ce qui
est". Sous la domination de ce qui vient. Dans le cas d'absence
d'espace en nous, nous avons un problème avec le temps. Nous
n'avons jamais le temps à consacrer à ceci ou cela. En fait, nous
nous identifions à ce qui nous environne, aux faits, aux
situations, aux individus, aux nouvelles, un peu comme si nous
étions au milieu des choses et mal définis de qui nous sommes. Tout peut devenir
de trop et la tendance serait de trouver des réponses à nos
difficultés à l'extérieur de nous-mêmes.
On peut, par exemple aussi
ressentir cet élément en équilibre lorsque nous contemplons des
murs en terrasse qui accueillent des oliviers ou des
cultures de vignes. Cet état indique un équilibre,
les éléments sont en harmonie et résonnent entre eux. Il y a une
belle et merveilleuse image d'un équilibre énergétique en Suisse
Romande dans le canton de Vaud: Lavaux, un site, ou plutôt, une
œuvre dans l'œuvre, classé à l'Unesco.
...De la pure poésie...
***
Philosophique, les mots clé:
Flambeau, Passage, Sens et Liens,
Biographie, Départ, Accomplissement, Renouveau
Le mot philosophie (du
grec ancien
φιλοσοφία,
composé de
φιλεῖν,
« aimer » et
σοφία,
« la
sagesse, le
savoir », c'est-à-dire littéralement : « l'amour de la
sagesse ») désigne une activité et une discipline existant
depuis l'Antiquité
et se présentant comme un questionnement, une interprétation et
une réflexion sur le monde et l'existence humaine, ou encore
comme un savoir systématique. Différents buts peuvent lui être
attribués, de la recherche de la
vérité, et de la méditation sur le
bien et le
beau, à celle du sens de la vie, et du bonheur, mais elle
consiste plus largement dans l'exercice systématique de la
pensée et de la réflexion. Ancrée dès ses origines dans le
dialogue et le débat d'idées, la philosophie peut également
se concevoir comme une activité d'analyse, de définition, de
création ou de méditation sur des
concepts.
Autrefois, chaque métier, selon ses degrés
de conscience et de sagesse avait sa philosophie et encore
aujourd'hui, fort heureusement. Les hommes prenaient le temps de
faire du bon travail, car le travail avait un impact sur toute
la structure sociale, sur le développement de la vie intérieure, la
santé y compris. C'est donc un flambeau que nous tenons en main
et dont nous sommes responsables lorsque nous pratiquons un
métier artisanal, agricole, artistique ou tout autre métier qui
gravite autour de valeurs existentielles ou qui font appel à une
philosophie. Les valeurs, les systèmes de références véhiculés
dans un métier construisent notre identité. Nous savons ce que
nous faisons et pourquoi nous le faisons. A chaque fois,
la vie se fait connaître à ceux et celles qui se sentent
concernés. Comme disait nos vieux dans les Cévennes, la vie
n'abandonne pas ses enfants.
La pierre sèche met particulièrement l'accent
sur l'ancrage, comme une profondeur de la nature de notre
réalité à expérimenter sans cesse et précisément à chaque
chantier. Et bien qu'il existe différents types de
mur, comme les époustouflants cailloux qui chantent aux îles d'Aran,
il est aisé de percevoir partout sur terre combien l'homme a
conquit l'environnement pour sa survie et sa sécurité, comme
dans les coteaux de Lavaux où il a arraché des forêts pour étayer
d'innombrables murs en terrasse afin de développer la vigne ou
encore sur les alpages, à
travers les murs tridimensionnels, comme dans le parc régional
du Jura, pour parquer du bétail,
structurer l'espace et soigner les terres, sans oublier nos
sœurs les "carabelles", les "capitelles" ou les
"bories" qui parcourent magistralement le Sud de la France, etc.
Le sens pratique,
l'enracinement est omniprésent dans la construction du mur en
pierre sèche. Tout accomplissement, qu'el qu'il soit a une
fondation. Sans ancrage, la vie du Ciel et ses liens avec la
Terre ne peut pas advenir. On peut se la raconter, certes, mais
la distance entre notre tête et nos pieds ne fait en fait que
s'agrandir, tout comme celle de notre tête au cœur.
Tel un métier
qui vient de la Terre et retourne à la Terre, l'activité de la
pierre sèche peut être compris comme un chemin vers la sagesse
et la compassion. Sur un plan symbolique et énergétique, on peut
penser à une connexion, quelque chose a été offert autant du
côté du Ciel qu'à la Terre. Entre deux, des hommes debout sont
passés, et nous sommes fiers d'avoir été de ceux-là. Du moins, j'ose le comprendre ainsi après tant
d'années.
T. Carbonell
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